Les Libyens n’ayant jamais appliqué les accords de désengagement signés avec la France, ils s’installèrent solidement au nord du 16e parallèle en améliorant l’infrastructure et la logistique de l’immense base à Ouadi Doum, où ils construisent une piste de 3800 mètres. De plus un radar de détection à longue portée Flat Face etait positionné pour prévenir toute intrusion autour de cette piste, en plus des radars de conduite de tir des SA-6, les Straight Flush.
De novembre 1984 à janvier 1986 un Atlantic était positionné à Libreville. Devant la menace libyenne, en janvier 1986, un deuxième équipage et son appareil rallia Libreville ; tous les deux furent détachés à Bangui. Ce fut le début de l’opération Epervier.

A partir de janvier 1986, les Atlantic patrouillent et se font délibérement allumer par le radar libyen afin d’intercepter sa bande d’émission et son gisement. Ces données étaient captées par l’autodirecteur du missile MARTEL qui était sous l’aile gauche de l’Atlantic, équipé aussi d’un brouilleur BARAX.

La suite est connue : une patrouille de Mirage F1 ayant servi d’appât et de leurre, le radar Flat Face se mit à émettre en continu pour suivre les Mirage. Le MARTEL du Jaguar A100, convenablement réglé d’après les informations récoltées auparavant par les équipages des Atlantic, et qui était resté indétecté en très basse altitude jusqu’au dernier moment en compagnie de trois autres Jag’, n’avait plus qu’à se verrouiller sur l’émission du radar pour être irrémédiablement guidé vers l’axe d’où provenait l’émission.
Jacques Pascal et escadrilles.org
Remerciements : des informations proviennent du livre Le Breguet Atlantic écrit par Patrick Ballot d’Estivaux et Jean-Claude Duchesne. La photographie de l’Atlantic 38 est une archive de l’auteur.
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