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Qui SEM’e le vent …

Arromanches 2, dernier embarquement opérationnel des SEM

La mission Arromanches 2 a vu le dernier embarquement opérationnel des Super Etendard modernisés de la flottille 17F. Sous l’égide de la TF 473 commandée par le Contre-Amiral Crignola , un groupe aéronaval comprenant, outre le Charles-de-Gaulle, plusieurs navires de surface et un SNA a appareillé le 18 novembre pour être de retour à Toulon le 16 mars.

Premier catapulté, le Hawkeye de la 4F, clef de voute de la protection du GAN

Premier catapulté, le Hawkeye de la 4F, clef de voute de la protection du GAN

Si le passionné d’aviation retiendra qu’Arromanches 2 fut le chant du cygne des SEM en tant que chasseur-bombardier en opérations, cette mission comporta aussi d’autres ‘premières’, comme par exemple la participation de frégates allemande et belge au groupe aéronaval. La mission Arromanches 1 avait déjà vu l’intégration d’une frégate de la Royal Navy.

Pas d'opération aérienne sans Pedro, ici un Alouette III 35F (en arrière-plan, la FDA Chevalier Paul)

Pas d’opération aérienne sans Pedro, ici une Alouette III 35F (en arrière-plan, la FDA Chevalier Paul)

Egalement pour la première fois, la Task Force 50 américaine positionnée dans le Golge Arabo-Persique (GAP) passa sous commandement français, avec au centre du dispositif, le porte-avions français et son groupe aérien embarqué.

Catapultage de Rafale Marine équipés de missile type SCALP, dans le Golfe Arabo-Persique, le 1er février 2016

Catapultage de Rafale Marine équipés de missile type SCALP, dans le Golfe Arabo-Persique, le 1er février 2016

Le Charles-de-Gaulle, commandé par le capitaine de vaisseau Malbrunot, abritait un équipage de plus de 2000 personnes, dont 500 œuvraient au soutien technique aéronautique. Au cours de presque quatre mois de mission, l’équipage a vécu seulement trois véritables escales (à Bahrein et Abu Dhabi).

Grosse activité jour et nuit pour les techniciens de la 17F

Grosse activité jour et nuit pour les techniciens de la 17F

Le groupe aérien embarqué était issu de cinq flottilles, trois flottilles de chasse, une flottille de guet aérien, une flottille d’hélicoptères, parmi lesquelles on trouvait la 17F et ses huit derniers SEM, animés par 10 pilotes et environ 100 techniciens de la flottille.

Deux Dauphin de la 35F faisaient partie du GAé

Deux Dauphin de la 35F faisaient partie du GAé

Pour mémoire les avions prenant part à cette ultime croisière étaient les suivants: 1 – 19 –  31 – 41 – 43 – 44 – 46 – 51. L’ensemble des missions de guerre a été réalisé contre les positions des groupes terroristes de Daech en Irak et en Syrie.

Deux des SEM de la 17F, vus le 16 mars 2016

Deux des SEM de la 17F, vus le 16 mars 2016 avant leur ultime catapultage

Les missions de la 17F ont eu lieu en grande majorité de jour, les pilotes utilisant le pod Atlis et la tablette Fighttacs.

Chammal : une grosse opération aérienne, appelée à durer

Chammal : une grosse opération aérienne, appelée à durer

Les frappes avaient toujours lieu en liaison avec les JTAC et le CAOC, pour confirmation en temps réel de la nature des objectifs et obtention d’une autorisation de tir au coup par coup.

26 novembre 2015: catapultage d'un Super Etendard armé en pont oblique

26 novembre 2015: catapultage d’un Super Etendard armé, en pont oblique

Pour les pilotes de SEM, les missions demandaient une grande endurance, puisqu’elles étaient d’une durée de 6 heures en général (limite imposée par la consommation d’huile du réacteur Atar).

Deux pilotes de la 17F sont installés et se préparent pour leur dernier catapultage 'SEM'

Deux pilotes de la 17F sont installés et se préparent pour leur dernier catapultage ‘SEM’

Ces missions comportaient en général pas moins de … quatre ravitaillements en vol. Les plots de ‘close air support’ imposaient une présence de 3 heures en zone de combat.

Catapultage rapide d'une patrouille grâce aux deux catapultes du Charles-de-Gauller

Catapultage rapide d’une patrouille grâce aux deux catapultes du Charles-de-Gaulle

Une patrouille typique de SEM était composée de deux avions avec des configurations complémentaires: un avion avec deux GBU 58 (125 kg à guidage laser), le pod ATLIS et un lance-leurres, et un avion avec une GBU 49 (250 kg avec guidage GPS + laser), et le lance-leurres.  Chaque avion emporte des réservoirs supplémentaires.

Le 17F-19 est préparé pour une mission de 'régénération' de nuit

Le 17F-19 est préparé pour une mission ‘organique’ de nuit

Pendant Arromanches 2, le rythme opérationnel fut véritablement très soutenu: chaque pilote accomplissait une mission opérationnelle tous les 3 jours, avec en complément un vol ‘organique’ (entraînement), et un vol de nuit (pour garder sa qualification ‘hibou’).

Pour tenir le rythme, la 4F avait embarqué deux de ses trois E-2C

Pour tenir le rythme, la 4F avait embarqué deux de ses trois Hawkeye

Heureusement que la tradition du GAé de réserver un ‘no fly day’ par période de 7 jours a été respectée.

Si 'hibou' n'accomplit pas d'appontage de nuit pendant 2 semaines, il devient ... 'citrouille'

Si le ‘hibou’ n’accomplit pas d’appontage de nuit pendant 2 semaines, il devient … ‘citrouille’

Le groupe aérien embarqué a ainsi effectué plus de 100 frappes, dont 22 en zone MEDOR, au cours de plus de 500 sorties opérationnelles (jusqu’à 18 par jour), dont 120 en MEDOR et 400 en GAP. Les avions du Charles-de-Gaulle ont aussi documenté environ 1000 dossiers de renseignement.

26 novembre 2015, retour sur le CdG d'un SEM, avec sa GBU 12. On voit que la crosse a croché le premier brin d'arrêt.

26 novembre 2015, retour sur le CdG d’un SEM, avec ses GBU 12, crochage du premier brin

Maintenant que la 17F a fourni ce très bel effort opérationnel au service de la nation, la flottille peut se consacrer aux missions d’entraînement sur SEM, en sachant que seuls cinq avions ont effectué le vol retour sur Landi, et qu’une cérémonie officielle marquera officiellement le retrait officiel des Super Etendard modernisés, le 12 juillet.

Cinq Super Etendard ont rejoint la base bretonne le 16 mars

Cinq Super Etendard ont rejoint la base bretonne le 16 mars

D’ici là, les pilotes opérationnels poursuivent leur cursus de qualification sur SEM avant d’être transformés sur Rafale M, tandis que rejoindront directement l’ETR à St-Dizier.

La 17F aura une bonne année pour accomplir sa métamorphose SEM-Rafale

La 17F aura une bonne année pour accomplir sa métamorphose SEM-Rafale

La flottille pourra mettre à profit l’arrêt technique majeur du CDG pour sa transformation sur Rafale, d’un point de vue opérationnel et technique, sans oublier la mise à niveau des infrastructures.

Deux mois encore et la 17F rejoindra ses deux flottilles soeurs, sur Rafale

Deux mois encore et la 17F rejoindra ses deux flottilles soeurs, sur Rafale

De cette manière, la ‘Glorieuse’ peut envisager d’être opérationnelle sur Rafale dès 2017. Pour le porte-avions, la fin d’Arromanches 2 permet d’effectuer une régénération technique à Toulon; celle-ci durera plusieurs semaines. Des installations spécifiques au SEM seront démontées, des modernisations pourront être effectuées.

Le dernier SEM catapulté le 16 mars, dernière utilisation d'une élingue

Le dernier SEM catapulté le 16 mars, dernière utilisation d’une élingue sur le CdG

Le groupe aéronaval sera ensuite disponible pour des qualifications et des opérations jusqu’à la fin de l’année.

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Remerciements : au SIRPA Marine, au LV Alexandre Busch, OCF Alavia, et au CF Bizien, notre accompagnateur durant ce voyage de presse. Au personnel du Charles-de-Gaulle pour son accueil. Merci au SIRPA Marine pour la mise à disposition de beaux clichés opérationnels.