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Frisian Flag 2017

Leeuwarden et Eindhoven en point focal

L’édition 2017 de Frisian Flag a été organisée sur la base frisonne de Leeuwarden, au nord de la Hollande, du 27 mars au 7 avril dernier. Nous ne nous étendrons pas sur les modalités de l’exercice, qui ont déjà été relatées dans les articles parus ici à l’occasion des éditions précédentes.

Les Belges sont décidément de grands artistes graphiques

Rappelons simplement que Frisian Flag a pour objet d’entraîner les participants à des opérations de COMAO (COMbined Air Operations) complexes et variées, dans un contexte international. En fonction des demandes des pilotes participants, les missions peuvent être focalisées tant sur les aspects offensifs que défensifs, en insistant particulièrement sur la prise de décision en fonction des moyens disponibles.

Le plus bel avion de la partie, venu de Louisiane

Dans ce cadre, les espaces aériens néerlandais, allemands et danois sont utilisés, et notamment de vastes zones au dessus de la mer du Nord et des Iles de la Frise. L’exercice comprend 9 à 10 journées opérationnelles, chacune comportant deux vagues, une le matin, l’autre l’après midi.

Le 2000D 617, en finale avec une grosse GBU sous le ventre

SI les horaires sont relativement immuables (9 h – 11 h 30 puis 13 h 30 – 16 h), sans doute pour des raisons de trouble du voisinage, les profils des missions varient constamment, en fonction des demandes des participants.

Décoration traditionnelle du 125e Fighter Wing pour ce F-15C de Jacksonville

C’est ainsi que l’on peut parfois constater des départs massifs, ou au contraire des décollages beaucoup plus étalés. De la même façon, on peut parfois constater que ce sont les chasseurs qui décollent en premier, puis les muds, ou inversement.

F-16B belge, avec un back-seater qui salue les photographes

Des avions de transports sont en outre parfois impliqués. C’est également périodiquement le cas d’avions de tourisme, pour simuler des drones.

En finale, le pilote de ce F-15C ajuste ses paramètres avec un petit coup d’aérofrein

En principe, chaque pilote participant ne vole qu’une mission sur les deux journalières, ce qui est déjà un programme très intensif, au regard de la douzaine d’heures de préparation que chaque mission implique.

Frisian Flag était cette année encore l’occasion de voir voler de ‘vrais’ avions

Cette organisation permet en outre de faire participer un maximum de navigants à l’exercice de nature à maximiser leur expertise. Dans tous les cas de figure, ce ne sont pas moins d’une quarantaine de machines qui prennent l’air à chaque mission.

Les participants à Frisian Flag

Comme il est de coutume depuis 2015, douze F-15 (11 C et 1 D), cette fois-ci  des gardes nationales de Floride (125th FW, Jacksonville) et de Louisiane (159th FW, New Orleans) ont traversé l’Atlantique. Rappelons en effet que depuis l’annexion russe de la Crimée, une crispation est constatée entre la Russie et l’OTAN, entraînant un retour partiel des postures de la guerre froide.

F-15C du 159e Fighter Wing, presque au toucher devant un parterre de F-16

Dans ce contexte, diverses unités américaines, sous forme de « Theater Security Packages » sont envoyées en Europe pour des durées plus ou moins longues, pour participer à des exercices avec les Européens, et pour montrer la détermination des Etats-Unis à assumer leurs engagements au titre de l’OTAN. C’est l’opération Atlantic Resolve.

F-15D du 125e Fighter Wing: peintures nickel pour les avions de l’Air Guard

Vedettes du plateau, les F-15 étaient accompagnés de pas moins de :

– 19 F16 locaux, (322 Sqn TACTESS, Leeuwarden, 312 et 313 Sqn, Volkel)

– 8 F-16 de la Composante aérienne Belge (2e et 10e Wing, respectivement basés à Florennes et Kleine Brogel)

F-16A(MLU) de la FAéB saisi en dernier virage

– 13 Eurofighter de la Luftwaffe (TaktLwG31, Nörvenich)

Eurofighter de Nörvenich, avec l’Albatros de l’as Boelcke*, dont le 125e anniversaire aurait été célébré l’année dernière (le visage du pilote est de l’autre côté de la dérive)

– 6 Tornado GR4 de la RAF (Marham Wing)

Tornado très martial, sans signe distinctif d’appartenance escadronesque

– 5 F-16 de la Força Aerea Portuguesa (Esq 201/301, Monte Real)

Un des F-16 demeurant affectés à Monte Real (Portugal)

– 5 Mirage 2000 D de la 3e escadre de Nancy.

Un 2000D du 3/3 avec un pod PDLCT

EART

En parallèle des opérations au départ de Leeuwarden, quatre ravitailleurs étaient basés à Eindhoven, au sud des Pays-Bas, dans le cadre de l’exercice EART (European Air Refuelling Training).

KDC-10 du 334e Squadron de la Klu basé à Eindhoven

Ainsi, un KDC-10 ravitailleur de la Koninklijke Luchtmacht a été rejoint par un C-135FR français, un Airbus A310 MRTT allemand et un KC-767A italien.

Le KC-767 du 14e Stormo italien (Pratica di Mare), grand frère du KC-46 US

Outre un support appréciable à l’exercice Frisian Flag, puisqu’une COMAO ne se conçoit plus guère sans ravitaillement en vol, cet exercice a pour objet d’uniformiser autant que faire se peut les procédures européennes.

Le MRTT premier du nom est 100% allemand, il est basé à Wahn

Les forces aériennes d’Europe disposent d’une flotte disparate et non unifiée d’une quarantaine de ravitailleurs au total, alors que les Etant Unis en alignent plus de 500.

C-135FR 470, 31-CA, venu d’Istres

L’avenir

Il n’est pas certain que l’exercice Frisian Flag, organisé tous les ans depuis 2012 après des éditions précédentes plus épisodiques, soit mis en place au moins lors des deux prochaines années.

F-15 des bayous venu découvrir les polders

Les infrastructures de la base de Leeuwarden doivent en effet subir un important programme de travaux, destinée qu’elle est à recevoir les premiers F-35A de la Klu, à l’horizon 2019-2020.

La KLu commence vraiment à entrer dans l’après F-16

La nature ayant horreur du vide, l’avenir nous dira si l’exercice survit à ce break, si celui-ci est confirmé.

Le F-35A fera aussi le vide du côté de la ‘Tornado Force’ britannique

En tout cas, il y a fort à parier que les prochaines éditions, si elles ont lieu, verront l’entrée en lice du F-35, qu’il soit néerlandais, britannique, voire américain.

(*) Wikipédia nous dit qu’Oswald Boelcke suivit sa formation militaire à l’Ecole de Guerre de Metz (ville alors sous occupation allemande) et qu’il trouva sa vocation de pilote lors d’un baptême de l’air à Frescaty en juin 1913.

L’effigie du jeune Boelcke, un temps nourri par la terre lorraine

Le destin est cruel, car il trouva la mort le 28 octobre 1916 à la suite d’une collision avec un équipier, lors d’un combat aérien …

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