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Flottille 4F, Lann-Bihoué

Hawkeye

Les yeux du groupe aéronaval

La flottille 4F porte avec ses trois Grumman E-2C Update II la responsabilité de la protection du groupe aérien embarqué, c’est sa mission principale. Au sein du groupe aéronaval, en relation avec le porte-avions et les frégates anti-aériennes, elle s’assure qu’aucun aéronef ou navire suspect ne pénètre dans la bulle de protection.

Hawkeye

Le 4F-1, vu ici à Garons en février 2009

En croisière à 20 000 pieds, l’équipage du Hawkeye surveille un rayon de plusieurs centaines de nautiques et bénéficie d’une autonomie de 5 heures (un peu moins la nuit). L’avion effectue des hippodromes et se trouve en liaison (radio, satellites, liaison 16, liaison 11) avec les différentes acteurs du scénario opérationnel.

Hawkeye

Le 4F-1 fait un passage lors de PCTAM 2009

La seconde mission de la 4F est le commandement et le contrôle (airborne command and control) lors d’une opération combinée. Etant lui même un objectif potentiel de haute valeur, le E-2C doit se tenir hors d’atteinte d’une menace adverse (protection par un chasseur, ou bien dans la bulle de protection du PA et des frégates AA).

Hawkeye

Cette décoration spéciale vue en 2009 symbolise la vigilance de la 4F

Pour assurer sa mission, la 4F est riche de 95 personnes dont 6 pilotes et 10 opérateurs, son contrat étant de fournir un nombre minimal d’équipages opérationnels. Et bien sûr, la flottille dispose de ses 3 avions : ce n’est pas beaucoup dans l’absolu, mais cela suffit pour garantir deux avions sur le porte-avions (le troisième étant en chantier de maintenance). Notons que lorsque le GAé est embarqué, la flottille ferme totalement ses portes à Lann-Bihoué.

Hawkeye

Il faut du monde pour mettre en oeuvre un avion aussi complexe que le E-2C

L’équipage d’un E-2C comprend 5 personnes : à l’avant, on trouve le commandant de bord (à droite) et le pilote (à gauche) et, dans la tranche tactique, trois opérateurs occupent chacun une console : d’abord la console du système radar, ensuite la console du coordinateur de la mission, puis la console de liaison de données et de transmissions.

Hawkeye

Le pilote effectue la traditionnelle visite prévol

Même si les E-2C de l’aéronavale française sont à un standard moins moderne que les Hawkeye 2000+ de l’U.S. Navy, ils bénéficient de modernisations constantes dans les domaines cruciaux de leurs équipements opérationnels. Rappelons que l’avion est un centre de défense aérienne aéroporté, avec un radar primaire (puissance 1 MW) de détection, qui suit les « pistes » sans IFF, et un radar secondaire, qui suit les pistes avec IFF.

E-2C

Le 4F-2 roule pour une mission d’entraînement, sur la grande base de Lann-Bihoué

Un « très grand nombre » de pistes peuvent être suivies en simultané, le système « habillant » les pistes tout seul (il affecte à chaque plot radar une altitude, une distance et une vitesse, une identité et davantage si l’aéronef est muni d’un IFF).

Hawkeye

Il y a sous le dôme radar une petite trappe pour l’inspection

Le radar du Hawkeye est agile car il peut changer de fréquence ; de plus, la flottille indique que le système à une « bonne capacité de détection face à des furtifs ». Pour alimenter tous ces équipements et les refroidir, il faut beaucoup d’énergie, c’est une des raisons pour lesquelles le E-2C est surpuissant avec ses deux turbo-propulseurs T-56 de 4600 chevaux.

Hawkeye

Le 4F-2 vu avant sa mission, un matin de juin 2014

La formation des pilotes se fait à la VAW 120 de Norfolk, unité au sein de laquelle se trouve  un officier en échange. Les flottilles U.S. utilisent un standard différent, mais il y a quand même un lien étroit au niveau de la maintenance des avions. Les opérateurs suivent la formation de base des contrôleurs aériens, puis effectuent plusieurs vols avant de devenir opérationnels, leur progression les amenant à occuper les différentes consoles du système.

Hawkeye

Après la mise en route des moteurs et systèmes, l’oiseau déplie ses ailes

Vus de l’extérieur, les Hawkeye de la 4F semblent être les avions les plus difficiles à faire apponter sur le Charles de Gaulle, en raison de leur dimensions et de leur masse. En fait, il semble que non, la maniabilité et la surpuissance des propulseurs compensant le gabarit imposant du E-2. Rappelons que les officiers d’appontage, OA, sont communs aux différentes flottilles de l’Aéro, et sont des pilotes expérimentés, lâchés sur différents avions dans la mesure du possible.

Hawkeye

Dernières vérifications avant d’enlever les cales qui immobilisent le E-2C

Dans le futur à long terme, on ne sait pas si la 4F bénéficiera des modernisations successives du E-2C ou bien si la France optera pour la version E-2D actuellement fabriquée par Grumman pour l’U.S. Navy (un contrat important vient d’être attribué à Grumman). Mais après seulement 14 années de service, on n’en est pas encore là: les E-2C ont encore beaucoup d’eau à courir avant d’égaler les Alizé en longévité !

Alizé

En 1973, les Alizé de la 4F étaient encore jeunes !

Dans un monde incertain à tous égards, une chose est sûre cependant : il n’y a pas de Groupe Aérien Embarqué opérationnel sans flottille de surveillance aérienne, donc sans Hawkeye.

Remerciements : au commandant de la 4F, ainsi qu’à l’OCC base, Véronique Zopfmann, et au commandant de la BAN de Lann-Bihoué, le CV Christophe Lucas. Merci aussi à l’officier de la 4F qui m’a accompagné et « briefé » sur la flottille.

4F_merci

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