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Le piège de Poznan

Tiger Meet 2018 : faire avec ce que l’on a

L’année dernière, alors qu’à Landivisiau je faisais la queue pour obtenir une galette-saucisse, j’avise Don Verhees, « le » Don de la Nato Tigers Association.
« Next year, Poznan », me dit-il

… Poznan …

Unité hôte, le 6e ELT de Poznan et ses F-16 tout en couleurs

On ne peut pas dire que la nouvelle m’ait plongé dans des enthousiasmes énormes. Certes, premier Tiger Meet au delà de l’ancien rideau de fer.

Mi-24 tchèque, témoin aussi de feu le Rideau de Fer

Oui, mais enfin organisé par une unité de … F-16. Loin des MiG-29 et autres Fitter encore en service en Pologne.

Puma du 230 Sqn, qui a également connu le ‘rideau’, mais en version HC1 à l’époque

Quoi qu’il en soit, tentons le coup, occasion de découvrir le pays me dis-je. On s’en sort pas si mal, ça aurait pu être à Volkel …

F-16B du 313e squadron de Volkel, le jour du meeting

Arrive février, où les spotters apprennent qu’un spotter day sera organisé, non pas par la NTA mais par une société d’event polonaise. Le processus d’inscription est lancé dans la foulée, et bugge dans les premières 48 heures …

Gripen du 211 squadron de Caslav, aux couleurs nationales tchèques (jour du meeting)

La NTA émet un communiqué glacial disant en substance qu’elle n’est pas associée au processus, que les Polonais la jouent solo et qu’en conséquence, elle ne peut rien faire s’agissant des éventuelles difficultés.

Ambiance …

Bon an mal an, les confirmations d’inscriptions se font à la toute dernière minute pour certains. (NDLR, je confirme) … Et l’on apprend que l’enclos spotter risque fort d’être à contre-jour …

Et effectivement, à l’arrivée sur zone, après une distribution des badges chaotique à souhait, l’ampleur du massacre est constatée : 9 heures, lumière dans l’axe qui commence déjà à tourner pour venir de face.

Le Turbolet qui sauva la journée …

Pour couronner le tout, arrière-plan très moche, composé d’antennes, grues, balises et autres joyeusetés du genre … Et pour finir, un taxiway bombé qui fait que les roues des avions sont masquées. Je fais un essai, un Turbolet Tchèque au landing.

Le reportage photo et l’aviation de chasse ont au moins deux points communs: (1) il faut avoir le soleil dans le dos, (2) la décision se prend en un instant …

Mon binôme me regarde, et me dit : ‘on se casse ?’ … ‘Oui, rien à tirer de ce truc’.

Décision est donc prise de profiter de la présence des bus qui continuent à amener les spotters, pour retourner à la voiture.

Deux Tornado du TKL 51 de Jagel, des vétérans qui sont parmi les favoris des photographes

Direction les approches, pas idéales, mais le seul moyen qui reste d’avoir de la lumière derrière …

Le Gripen du 211e TL tchèque, avec sa déco de 2017, inusable

Ce qui est présenté ici est donc le maximum que nous avons pu faire compte tenu des cartes dont nous disposions. Clairement pas ce qui était attendu (et payé), mais au moins quelques avions décorés sont en boîte, avec la lumière dans le dos.

Tifon du 142e escuadron d’Albacete, très longue focale mais bien éclairé

Ceux qui n’ont pas réagi assez vite se sont retrouvés coincés dans le « piège de Poznan », faute de bus capables de les rapatrier sans une longue attente.

Le Typhoon décoré du 12e Gruppo de Gioia del Colle, déco sobre et belle … la vista transalpine

Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que le Tiger Meet tend depuis au moins l’année dernière, à s’adapter aux théatres d’opération actuels, et notamment les missions Close Air Support, où il convient de traiter à la demande des cibles d’opportunité.

Un F-16 block.52 du 335e Mira d’Araxos, quasi identique aux F-16 polonais

Pas question dans ce contexte de lancer des vagues de 50 avions en une seule fois, mais des missions se font sur un rythme qu’un observateur extérieur peut qualifier d’erratique.

Les missions peuvent donc s’étaler jusque tard dans la journée, au grand dam des spotters si ceux-ci sont priés de quitter la zone à 16 heures, comme ce fut le cas. Cette contrainte n’a évidemment pas été subie par ceux qui étaient postés à l’extérieur.

Un Agusta-Bell du 21e Gruppo, qui valait le coup d’oeil, centenaire oblige

Certains ont pu compléter leur moisson de « décospés » en assistant au meeting sur l’aéroport civil, deux jours après, où la plupart des machines décorées étaient présentées au statique.

Très belle déco aussi pour cet Eurofighter du TLG 74 de Neuburg

Voilà pour ce que les commentateurs qualifient de « pire Tiger Meet de l’histoire ». Peut-être ne doit-on pas aller jusque là, car le confort des spotters n’est certes pas l’objectif premier de l’exercice. On pourrait même concevoir qu’aucun spotter day ne soit organisé.

La 31e escadrille de KB, 10e Wing, localement appelée 31e Smaldeel

Mais à partir du moment où il est décidé d’en proposer un, moyennant participation financière, la relation de tolérance devient aussi une relation quasi-commerciale, où un service est légitimement attendu en contrepartie de l’argent versé.

Tel ne fut pas suffisamment le cas cette fois-ci, objectivement, et ce malgré la suprême ironie constituée par le cadeau qui nous fut remis : un carnet, aux couleurs de l’unité organisatrice … de ce Tiger Meet qui n’a pu satisfaire que les spotters à numéros.

Magnifique Gazelle de la 3e EHRA du grand 3 (unité Tigre) … qui aurait mérité son cliché ‘en action’

Bref, rideau, sujet clos.

Gageons que la NTA reprendra la main l’année prochaine, pour que le Tiger Meet de Marsan soit parmi les meilleurs !

Copyright: Frank Boucot et escadrilles.org