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Le Livre Blanc 2013

Le Livre Blanc de la Défense et de la Sécurité Nationale

Morceaux choisis

A/ La France dans le nouveau paysage stratégique

La France doit être en mesure de faire face à la possibilité d’une intention hostile.

Une approche globale dans l’identification des risques et des menaces comme dans la réponse qu’il convient de leur apporter en combinant un ensemble de moyens qui incluent la connaissance et l’anticipation, la protection, la prévention, la dissuasion et l’intervention.

L’Europe est appelée à assumer une plus grande part de responsabilité pour sa sécurité, des réponses plus collectives de l’Union européenne appellent des moyens en partage et un engagement fort et coordonné de chacun de ses États membres, la crise financière donnant à celles-ci un caractère d’urgence. Pour sa part, la France estime qu’elle contribuera d’autant mieux à une réponse collective qu’elle aura su garder une capacité d’initiative et d’entraînement.

La France n’est plus confrontée aujourd’hui à une menace militaire conventionnelle directe et explicite contre son territoire.

Le continent européen n’est plus à l’épicentre de la confrontation stratégique mondiale.

La France est présente sur tous les océans et sur la plupart des continents, notamment grâce aux outre-mer. Elle conserve une capacité d’intervention crédible qu’elle a mise en oeuvre à maintes reprises.
La France reste le cinquième exportateur mondial de marchandises et contribue en valeur à 3,4% du commerce mondial.
La France partage avec les États-Unis d’Amérique un lien bicentenaire qui a démontré à maintes reprises sa solidité.
[Par rapport à l’OTAN,] elle entend ainsi contribuer activement à la vitalité et à l’avenir de l’organisation, alliance de défense collective indispensable

L’Union constitue non seulement une clé de l’avenir politique et économique de la France mais aussi un fondement essentiel de sa sécurité, en contribuant à construire un monde qui correspond à ses valeurs.
Cette intégration croissante devrait à terme trouver son prolongement politique dans le domaine de la sécurité et de la défense. C’est dans cette perspective, qui constitue pour elle un objectif essentiel, que la France conçoit son avenir et l’exercice de sa souveraineté

B/ Les fondements de la stratégie de défense

La souveraineté est un fondement de la sécurité nationale.

La dissuasion nucléaire est l’ultime garantie de notre souveraineté.
La stratégie de défense et de sécurité nationale contribue à garantir la capacité de la Nation à décider de son avenir dans le cadre du jeu des interdépendances auxquelles elle a librement consenti.

Les capacités de la France lui permettent également de s’engager dans des politiques de dépendance mutuelle avec ses partenaires de l’Union européenne.
L’évolution du contexte stratégique et la transformation en cours de l’appareil de défense allemand, notamment la professionnalisation des forces, permettent d’envisager des avancées nouvelles entre nos deux pays.
[…] ont progressivement mis en place entre la France et le Royaume-Uni une coopération étroite en matière de défense. Dans le domaine opérationnel, la montée en puissance d’une force expéditionnaire interarmées conjointe concrétise l’approfondissement de la coopération entre les deux pays.

C/ L’état du monde

La crise économique a également eu pour conséquence de limiter les marges de manoeuvre des États-Unis et de l’Europe.
Les révolutions arabes ont illustré les incertitudes et la complexité du paysage stratégique.

[Aux USA] malgré le large soutien politique dont jouissent les dépenses militaires, il paraît probable que leur poids dans le budget fédéral soit graduellement réduit et que la posture stratégique des États-Unis en soit affectée.
Cette moindre priorité militaire [accordée à l’Europe] s’étend également à la Méditerranée et à l’Afrique. Les États-Unis continuent de s’intéresser à cette zone, comme en témoignent la création d’un commandement spécialisé – AFRICOM – et l’aide apportée en formation et en matériel. Ils considèrent cependant que les Européens, plus directement concernés par sa stabilité et disposant des moyens d’en assumer la charge, doivent prendre une plus grande part à sa sécurité.
Le rééquilibrage en cours du dispositif militaire américain vers l’Asie-Pacifique devrait donc être poursuivi. Il constituera un facteur dimensionnant pour la France, puissance souveraine et acteur de sécurité dans l’océan Indien et dans le Pacifique
Les États-Unis chercheront probablement à partager plus systématiquement la charge des opérations extérieures avec leurs alliés européens
L’Europe ne semble pas encore disposée à prendre une plus grande part de responsabilité dans la sécurité du continent européen et plus largement du monde, …
Si le spectre d’une conflagration majeure née en Europe s’est éloigné, les Européens ne peuvent ignorer le monde instable qui les entoure et auquel ils sont indissolublement liés.
Mais l’absence de régulation mondiale, faute de système maîtrisant les enjeux, peut aussi déboucher sur des situations chaotiques.

Les menaces de la force

L’augmentation importante et rapide des dépenses militaires et des arsenaux conventionnels dans certaines régions du monde vient rappeler que la possibilité d’une résurgence de conflits entre États existe et que la France et l’Europe ne peuvent pas ignorer les menaces de la force.

(en Asie) Le développement économique et la persistance des tensions géopolitiques sont à l’origine d’un effort d’armement considérable.
Comme ses partenaires européens, la France n’est pas directement menacée par des conflits potentiels entre puissances asiatiques

Le réarmement russe intervient alors que, depuis 2006, s’amplifient ses manifestations de puissance – utilisation de la ressource énergétique, pressions sur l’environnement proche et, en Géorgie, reconnaissance d’entités sécessionnistes.
Le difficile équilibre qui prévaut aujourd’hui, pour la France comme pour l’Europe, entre toutes ces dimensions de la relation avec la Russie est probablement appelé à durer.

Sur le plan stratégique, la prolifération nucléaire se développe dans une zone qui s’étend du Moyen-Orient à la Corée du Nord.

Les risques de la faiblesse

La première décennie du XXIe siècle aura montré que la défaillance de nombre d’États à exercer les fonctions essentielles de la souveraineté est un phénomène durable et répandu.
Pour l’Europe et la France, ce défi politique et humanitaire est aussi un enjeu stratégique.
Nulle part, sans doute, l’éventail des possibles n’est aussi ouvert que sur le continent africain.

D/ Les priorités stratégiques

Ainsi, l’échelle des priorités qui détermine le niveau et l’intensité de nos engagements potentiels, s’ordonne comme suit :
– protéger le territoire national et les ressortissants français, et garantir la continuité des fonctions essentielles de la Nation ;
– garantir avec nos partenaires et alliés la sécurité de l’Europe et de l’espace nord-atlantique ;
– stabiliser avec nos partenaires et alliés les approches de l’Europe ;
– participer à la stabilité du Proche-Orient et du Golfe Arabo-Persique ;
– contribuer à la paix dans le monde.

Empêcher toute agression directe contre le territoire national par un autre État sera toujours une priorité absolue. Bien que cette perspective paraisse aujourd’hui heureusement lointaine, on ne peut cependant écarter la possibilité

Les outre-mer

[La Caraïbe] Dès lors, au delà des enjeux de souveraineté et de protection de la population française vivant sur ces territoires, la France se doit d’assumer les responsabilités que lui confère sa présence dans cette région complexe.
La France contribue à la protection générale des populations et des ressources de l’océan Pacifique. À ce titre, elle développe des relations de coopération avec nombre d’États voisins, en particulier l’Australie avec laquelle elle a noué un partenariat stratégique.
Dans l’océan Indien, La Réunion et Mayotte sont des zones de relative prospérité au milieu d’un environnement moins favorisé mais d’importance stratégique.
En tant que puissance riveraine, la France a la responsabilité de protéger la population française et de contribuer à la liberté des voies de navigation,

Stabiliser ensemble le voisinage de l’Europe

Dès lors, la sécurité des voisins de l’Union européenne a pour la France un caractère prioritaire.
La relation avec la Russie doit être en permanence entretenue et consolidée, dans un contexte où les logiques de puissance et d’interdépendance se mêlent et parfois s’opposent.
La Turquie, membre actif de l’OTAN, occupe dans la sécurité de l’Europe une position irremplaçable.
À cet égard, le Maghreb revêt pour la France et pour l’Europe une importance particulière, notamment dans le contexte instable faisant suite aux révolutions arabes.
Le Sahel, de la Mauritanie à la Corne de l’Afrique, ainsi qu’une partie de l’Afrique subsaharienne sont également des zones d’intérêt prioritaire pour la France.

Participer à la stabilité du Proche-Orient et du Golfe Arabo-Persique

Dans le Golfe Arabo-Persique, la France est liée par des accords de défense à trois États de la région (Émirats arabes unis, Koweït et Qatar) et a établi une base interarmées à Abu Dhabi.
La capacité à mettre en oeuvre nos accords en coordination étroite avec nos alliés est indispensable.

L’équilibre de l’Asie orientale a été modifié en profondeur par la montée en puissance de la Chine.
Aux côtés de ses alliés, la France apporterait, en cas de crise ouverte, une contribution politique et militaire d’un niveau adapté.

La France dans l’Alliance Atlantique et dans l’Union européenne

Dans le nouvel environnement stratégique, à la fois plus instable et plus incertain, trois options se révèleraient illusoires pour notre pays :
– le repli sur soi, autrement dit la défense de nos seuls intérêts vitaux et le renoncement à toutes responsabilités régionales ou mondiales.
Notre statut à l’ONU, notre histoire, l’importance de nos intérêts dans le monde, rendent cette option irréaliste et inopportune ;
– la délégation aux États-Unis et à l’OTAN du soin de notre sécurité future.
L’Alliance Atlantique est un pilier de la politique de défense française, mais elle doit prendre en compte les différences de priorités qui imposent à chaque membre de cette Alliance de prendre ses responsabilités propres ;
– l’option d’une défense européenne intégrée.
La France réaffirme son ambition en faveur d’une défense européenne crédible et efficace, mais elle ne saurait ignorer les difficultés auxquelles se heurte le développement du cadre européen.

L’OTAN et l’Union européenne ne sont pas en concurrence

L’engagement des États-Unis à participer à la sécurité de l’Europe sera en outre d’autant plus   fort que leur appel au partage du fardeau des dépenses militaires sera entendu. Ce partage ne pourra être envisagé de manière satisfaisante que s’il favorise le développement de l’industrie européenne de défense

Cependant, ces opérations extérieures ont jusqu’à présent montré les limites du volontarisme politique de l’Union.
La France veillera à disposer des capacités critiques nécessaires aux déploiements (renseignement, surveillance, ravitaillement en vol, transport stratégique, etc.), tout en s’attachant à mutualiser les programmes correspondants avec les États les plus capables d’y contribuer.

E/ La mise en oeuvre de la stratégie

La connaissance et l’anticipation

Le renseignement d’origine humaine (ROHUM), le renseignement électromagnétique (ROEM) et le renseignement image (ROIM) sont complémentaires et indissociables. C’est la combinaison des informations recueillies par ces trois voies qui donne au renseignement sa valeur.
Le renforcement des moyens de la recherche ne produira cependant tous ses effets sur la capacité d’anticipation de l’État que si celui-ci s’ouvre davantage à la réflexion indépendante.

La dissuasion

La dissuasion nucléaire a pour objet de nous protéger contre toute agression d’origine étatique contre nos intérêts vitaux.
Les forces nucléaires comprennent une composante aéroportée et une composante océanique dont les performances, l’adaptabilité et les caractéristiques complémentaires permettent le maintien d’un outil qui, dans un contexte stratégique évolutif, demeure crédible à long terme, tout en restant à un niveau de stricte suffisance.
De plus, certains des moyens des forces nucléaires peuvent être utilisés pour les opérations conventionnelles sur décision du Président de la République

La protection

La mise en oeuvre de la fonction de protection concerne d’abord le territoire national et les zones de forte implantation ou de forte exposition des communautés françaises à l’étranger.
La France participe, dans le cadre de l’OTAN, au programme de développement commun d’un système de commandement visant à coordonner les moyens concourants à la défense contre les missiles balistiques.

La prévention

La prévention concerne tant le territoire national que l’action de la France hors de ses frontières.
Dans le cadre de cette approche globale, la France attache une importance particulière d’une part à la dimension politique de la prévention.
Le positionnement de forces militaires dans les pays avec lesquels nous entretenons des liens privilégiés ou dans certaines zones maritimes se situe à la convergence des fonctions stratégiques de prévention, d’intervention et de connaissance et anticipation.
La France s’appuiera sur des déploiements navals permanents dans une à deux zones maritimes, sur la base des Émirats arabes unis et sur plusieurs implantations en Afrique.

L’intervention

L’intervention extérieure a trois objectifs : assurer la protection de nos ressortissants à l’étranger; défendre nos intérêts stratégiques, comme ceux de nos partenaires et alliés; et exercer nos responsabilités internationales.

Au-delà des moyens nécessaires à la protection du territoire national, la France entend disposer des capacités militaires lui permettant de s’engager dans les zones prioritaires pour sa défense et sa sécurité : la périphérie européenne, le bassin méditerranéen, une partie de l’Afrique – du Sahel à l’Afrique équatoriale -, le Golfe Arabo-Persique et l’océan Indien.

Dans ces zones, les forces armées françaises devront pouvoir prendre part à trois types d’opérations :
– les opérations conduites de façon autonome, dont des évacuations de ressortissants français ou européens, des actions de contre-terrorisme ou de riposte;
– les opérations en coalition – dans le cadre de l’Union européenne, d’une alliance établie telle que l’OTAN, ou formée pour la circonstance – dont la France prendra l’initiative et la tête ou dans lesquelles elle exercera une influence prépondérante;
– les opérations en coalition dans lesquelles la France apportera sa contribution, mais dont le commandement sera assuré par une nation alliée, le plus souvent les États-Unis.

Nos armées doivent être capables de répondre à la diversité des menaces et des situations de crise susceptibles d’affecter notre sécurité, nos valeurs ou nos intérêts.
Elles doivent être capables de conduire des opérations de coercition dans un contexte de haute intensité, notamment dans l’hypothèse où une aggravation de la situation internationale les conduirait à affronter militairement les forces d’un État. Dans ces conflits conventionnels, l’action militaire visera à contraindre de vive force la volonté politique de l’adversaire, en neutralisant, par exemple par une campagne d’attrition, les sources de sa puissance (appareil militaire, centres de pouvoir, cibles économiques de haute valeur…). Nos forces pourront être confrontées à un adversaire disposant de capacités organisées, commandées et complémentaires pouvant reposer sur des systèmes d’armes performants, tels que les sous-marins, l’aviation de combat, les systèmes de défense sol-air évolués, les missiles de croisière, les engins non-pilotés. La mission des forces armées est envisagée sur une durée courte, pouvant aller de quelques semaines à plusieurs mois.

Il existe par ailleurs des situations intermédiaires ou transitoires, dans lesquelles nos forces devront s’adapter à l’émergence de « menaces hybrides ». De façon ponctuelle ou plus durable, certains adversaires de type non-étatique joindront à des modes d’action asymétriques des moyens de niveau étatique ou des capacités de haut niveau technologique, acquis ou dérobés.
Les forces de certains États, placées en situation d’infériorité opérationnelle, peuvent recourir à des modes d’action asymétriques.

F/ Les moyens de la stratégie

La loi de programmation militaire 2009-2014, qui déclinait en objectifs de programmation les priorités du précédent Livre blanc, prévoyait que les ressources de la mission « Défense » seraient d’abord stabilisées, puis progresseraient annuellement de 1% au-delà de l’inflation à compter de 2012.
Les ajustements qui lui ont été apportés en 2010 (report du lancement de certains programmes, réduction de l’entretien programmé des matériels) n’ont pas été suffisants pour restaurer la cohérence nécessaire entre les engagements contractuels et les ressources disponibles.
[…] l’équilibre des comptes publics en 2017, afin d’engager la réduction de l’endettement du pays et ainsi de préserver sa souveraineté et son autonomie stratégique.
Cet objectif nécessite une diminution importante de la progression des dépenses publiques.
L’effort de défense de la France s’établira à 364 Md€2013 sur la période 2014-2025, dont 179 Md€2013 pour les années 2014 à 2019, période de la prochaine loi de programmation militaire.

Un contrat opérationnel et un modèle d’armée adapté au nouveau contexte
Quatre principes directeurs:
– Le maintien de notre autonomie stratégique,
– La cohérence du modèle d’armée avec les scénarios prévisibles d’engagement
– Le principe de différenciation des forces en fonction des missions qu’elles sont appelées à remplir
– Enfin, le principe de mutualisation des capacités rares au niveau de l’Europe de la défense, nous conduisant à rechercher rapidement auprès de nos partenaires européens, une mise en commun des capacités indispensables à l’action mais ne conditionnant pas directement l’autonomie stratégique

Contrat opérationnel

Le contrat opérationnel des armées s’appuie sur la mise en oeuvre de ces principes.

Nos armées remplissent d’abord des missions permanentes. La dissuasion continuera de se fonder sur la posture permanente des deux composantes, océanique et aéroportée.
Dans le domaine de la prévention, le modèle d’armée permet un déploiement naval permanent dans une à deux zones maritimes, le recours à la base des Émirats arabes unis et au prépositionnement sur plusieurs implantations en Afrique.
[…] des capacités de veille stratégique et des moyens de surveillance et d’interception électromagnétique renforcés

Pour garantir sa capacité de réaction autonome aux crises, la France disposera d’un échelon national d’urgence de 5 000 hommes en alerte, permettant de constituer une force interarmées de réaction immédiate (FIRI) de 2 300 hommes.
Cette force sera projetable à 3 000 km du territoire national ou d’une implantation à l’étranger, dans un délai de 7 jours. Avant ce délai de 7 jours, la France reste capable de mener une action immédiate par moyens aériens.
La FIRI sera composée de forces spéciales, d’un groupement terrestre interarmes de 1 500 hommes équipé d’engins blindés, d’hélicoptères, d’un groupe naval constitué autour d’un bâtiment de projection et de commandement, de 10 avions de chasse, d’avions de transport tactique, de patrouille maritime et de ravitaillement en vol, et des moyens de commandement et de contrôle associés.

Les armées devront remplir des missions non permanentes d’intervention à l’extérieur de nos frontières. À ce titre, elles pourront d’abord être engagées simultanément et dans la durée dans plusieurs opérations de gestion de crise. Elles devront pouvoir mener ce type d’opérations dans la durée sur deux ou trois théâtres distincts dont un en tant que contributeur majeur.
Le total des forces engagées à ce titre sur l’ensemble des théâtres sera constitué, avec les moyens de commandement et de soutien associés :
– de forces spéciales et d’un soutien nécessaire à l’accomplissement des missions envisagées ;
– de l’équivalent d’une brigade interarmes représentant 6 000 à 7 000 hommes des forces terrestres, équipés principalement avec des engins blindés à roues, des chars médians, des moyens d’appui feu et d’organisation du terrain, des hélicoptères d’attaque et de manoeuvre ;
– d’une frégate, d’un groupe bâtiment de projection et de commandement et d’un sous-marin nucléaire d’attaque en fonction des circonstances ;
– d’une douzaine d’avions de chasse, répartis sur les théâtres d’engagement.

Enfin, nos forces devront pouvoir être engagées dans une opération de coercition majeure, tout en conservant une partie des responsabilités exercées sur les théâtres déjà ouverts. Sous préavis suffisant (évalué aujourd’hui à environ 6 mois), après réarticulation de notre dispositif dans les opérations en cours et pour une durée limitée, les armées devront être capables de mener en coalition, sur un théâtre d’engagement unique, une opération à dominante de coercition, dans un contexte de combats de haute intensité.
À ce titre, les forces françaises conserveront la capacité de participer à une opération d’entrée en premier sur un théâtre de guerre dans les trois milieux.

La France pourra engager dans ce cadre, avec les moyens de commandement et de soutien associés :
– des forces spéciales ;
– jusqu’à deux brigades interarmes représentant environ 15 000 hommes des forces terrestres, susceptibles d’être renforcées par des brigades alliées pour constituer une division de type OTAN, dont la France pourra assurer le commandement ;
– jusqu’à 45 avions de chasse incluant les avions de l’aéronautique navale ;
– le porte-avions, 2 bâtiments de projection et de commandement, un noyau clé national d’accompagnement à base de frégates, d’un sous-marin nucléaire d’attaque et d’avions de patrouille maritime. La permanence de cette capacité aéronavale pourra s’inscrire dans le cadre de la force intégrée franco-britannique prévue par les Accords de Lancaster House ;
– les moyens permettant d’assurer les fonctions de commandement, de renseignement et de logistique de l’opération (transport, santé, essence, munitions, stocks de rechange).

G/ Modèle d’armée

Le développement de nos capacités de renseignement, de traitement de l’information et de sa diffusion est prioritaire pour toute la durée de la planification jusqu’en 2025.
… les efforts porteront sur les composantes spatiales et aériennes, aussi bien pour l’imagerie que pour l’interception électromagnétique

Les forces spéciales se sont imposées comme une capacité de premier plan dans toutes les opérations récentes.
Leurs effectifs et leurs moyens de commandement seront renforcés, comme leur capacité à se coordonner avec les services de renseignement.

Les forces terrestres disposeront d’unités adaptées à la diversité, à la durée, à la dispersion et au durcissement des opérations. Elles offriront une capacité opérationnelle de l’ordre de 66 000 hommes projetables,
Ces forces disposeront notamment d’environ 200 chars lourds, 250 chars médians, 2700 véhicules blindés multirôles et de combat, 140 hélicoptères de reconnaissance et d’attaque, 115 hélicoptères de manoeuvre et d’une trentaine de drones tactiques.

Les forces navales contribueront à la dissuasion nucléaire avec la force aéronavale nucléaire et au travers de la permanence des patrouilles de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins.
Elles s’articuleront autour du porte-avions, des sous-marins nucléaires d’attaque, des bâtiments de projection et de commandement, des frégates de défense aérienne et des frégates multimissions.
Les forces navales disposeront ainsi de 4 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, de 6 sous-marins nucléaires d’attaque, d’un porte-avions, de 15 frégates de premier rang, d’une quinzaine
de patrouilleurs, de 6 frégates de surveillance, de 3 bâtiments de projection et de commandement, d’avions de patrouille maritime, ainsi que d’une capacité de guerre des mines.

Les forces aériennes continueront d’assurer, en permanence, la mise en oeuvre de la composante aéroportée de la mission de dissuasion et la protection de l’espace aérien national et de ses approches.
Elles poursuivront leur modernisation pour disposer de flottes d’avions polyvalents du meilleur niveau …
Elles conserveront par ailleurs un nombre d’aéronefs suffisants, en prolongeant des avions plus anciens mais de haut niveau et spécialisés, notamment pour remplir les missions de protection du territoire ou de gestion de crise.
Les forces aériennes comprendront notamment 225 avions de chasse (air et marine), ainsi qu’une cinquantaine d’avions de transport tactique, 7 avions de détection et de surveillance aérienne, 12 avions ravitailleurs multirôles, 12 drones de surveillance de théâtre, des avions légers de surveillance et de reconnaissance et 8 systèmes sol-air de moyenne portée.

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