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2021-2028 : les années Rafale

Écrit le 18/02/22, dans Actualités Internationales

Une période propice pour le meilleur avion de sa catégorie

Après des commandes nationales millimétrées, et malgré quelques contrats à l’export salvateurs, l’avenir du programme Rafale ne semblait pas s’annoncer sous des auspices très favorables : à la fin de 2020, seules 62 commandes étaient à livrer dont 28 pour la France (cinquième et dernière tranche de la commande initiale). Le standard F4, une remise à niveau des capacités du système, permettait l’intégration de nouvelles armes et de nouveaux capteurs, ainsi qu’une capacité de combat en réseau.

Le 148 est le dernier monoplace ‘Air’ livré à la France … en 2016 !

Heureusement, l’année 2021 est passée par là : deux contrats exports obtenus en Europe au forceps (et au détriment de la capacité de combat immédiate de l’Armée de l’Air), et la levée d’une option égyptienne pour 30 avions ont permis de terminer l’année avec 86 avions à livrer. Et l’année 2022 commence bien, avec une commande de 6 avions pour l’Indonésie (engagement pour une commande totale de 42 avions) et de 6 avions (neufs !) complémentaires pour la Grèce. Bien que la commande de 80 avions pour les Emirats Arabes Unis ne soit pas encore formellement engagée, il fait maintenant peu de doute que le programme Rafale sera une locomotive des exportations françaises jusqu’en 2028 au moins. La chaîne de production actuelle permet de fabriquer 33 avions par an, voire plus.

La 30ème Escadre de Chasse de Mont-de-Marsan utilise en majorité les monoplaces, parmi lesquels 16 à 18 Rafale seront prélevés pour exportation.

Ces résultats sont d’autant plus méritoires qu’ils sont obtenus dans un contexte de compétition féroce avec les géants américains Lockheed-Martin et Boeing : le premier complètera ses objectifs européens avec la commande allemande de F-35 ce printemps, et la commande espagnole à venir, et de plus il propose la dernière variante du F-16 (block 70/72) à prix cassé, pour les pays moins bien dotés financièrement, ou moins sous contrôle.

Le Rafale M est la bête noire de Boeing, qui imagine placer facilement son F-18 Super Hornet sur le porte-aéronefs INS Vikrant …

Le second tente de sauver les meubles en offrant le Super Hornet à prix sacrifié, y compris pour contrer le Rafale. Par ailleurs, les commandes du F-15EX pour l’USAF redonnent un coup de jouvence à l’indémodable Eagle, et prolongent sa viabilité à l’exportation, toujours face au Rafale. En Inde, l’appel d’offres MRFA (Multi Role Fighter Aircraft) est en panne, avec vraisemblablement une commande de gré à gré à venir pour un industriel étranger, de même que pour le futur chasseur embarqué de l’Indian Navy.

Vu avant sa livraison imminente, le BS028 est le dernier monoplace de la commande indienne de 36 avions.

L’ensemble des facteurs exposés ci-dessus permet de poser les jalons définitifs pour le standard F5 du Rafale qui verra des modifications substantielles au niveau de la cellule et de la propulsion. Le choix du F-35 par l’Allemagne et l’Espagne renverra le SCAF aux calendes grecques et ouvrira la porte à une commande supplémentaire de Rafale par la France (AAE et Marine) : les 2000D demanderont à être remplacés à partir de 2030, et les premiers Rafale de la Marine devront laisser la place à des systèmes plus modernes. Le Rafale F5 se posera ainsi en compétiteur favori pour les pays développés non-alignés souhaitant des performances multi-rôles supérieures à celles offertes par un F-35 ou un F-16X.

Alexandre et escadrilles.org