Escadrilles.org
Accueil » Actualités Internationales » Bharatiya Vayu Sena au milieu du gué

Bharatiya Vayu Sena au milieu du gué

Écrit le 31/10/21, dans Actualités Internationales

Aviation de combat : l’Inde à la croisée des chemins

Avec deux grands voisins encombrants qui lui donnent du souci, l’Inde se trouve actuellement assez dépourvue en matière d’aviation de chasse : d’une part, la force aérienne de combat ne compte plus que 33 escadrons de chasse au lieu des 42 autorisés par la loi organique, d’autre part une fraction non négligeable de la flotte est composée de MiG-21 technologiquement datés, enfin, une autre fraction de son aviation de chasse se compose de six escadrons de Jaguar modernisés qui devront être mis à la retraite d’ici une dizaine d’années.

Le ‘Bison’ accuse son âge, même s’il tient encore sa place au sein de l’Indian Air Force

Une grande caractéristique de la force aérienne indienne est son ADN fortement influencé par la longue amitié avec la Russie : l’avion le plus puissant et le plus nombreux de Bharatiya Vayu Sena est le Sukhoï 30MKI, dont une grande partie a été construite sous licence par HAL (Hindustan Aeronautics Limited). Les 272 Su-30 (bientôt 284) équipent pas moins de 12 escadrons opérationnels : la colonne vertébrale de la flotte de combat. Moins en vogue dans ce pays étendu, le MiG-29 équipe, lui, 3 escadrons de l’Air Force.

Le Sukhoi 30MKI, chasseur lourd et colonne vertébrale de l’aviation de chasse indienne

Mais les réalisations françaises ont imprimé leurs marques elles aussi : les 51 Mirage 2000 restants équipent trois escadrons de l’IAF et jusqu’à il y a peu étaient en première ligne de tous les coups durs opposant l’Inde à son voisin occidental. En cours de modernisation au standard ‘-5+’, par HAL, la flotte de 2000 bénéficie depuis peu de l’arrivée de cellules retirées du service en France (on évoque 36 avions dont 8 en état de vol). Un seul regret pour l’Indian Air Force : il n’y en a pas assez … des tergiversations auraient empêché le transfert en Inde de la ligne de production du Mirage, il y a une vingtaine d’années. Le Rafale ? … Les Indiens ne tarissent pas d’éloges sur le nouveau-venu … un ‘game changer’ pour Bharatya Vayu Sena !

Le Rafale vient de prendre sa place parmi la panoplie de biréacteurs indiens (il manque ici le Jaguar)

Le présent et le futur se dessinent aujourd’hui pour l’aviation de combat indienne : 83 exemplaires du Tejas 1A, la version pleinement aboutie du monoréacteur, viennent d’être commandés à HAL. Un soulagement légitime pour les partisans d’une industrie aéronautique nationale. A l’horizon 2030, il y aussi le programme AMCA (Advanced Medium Combat Aircraft), un chasseur mi-lourd doté de toutes les avancées de la nouvelle génération, produit nationalement … mais son développement est encore long, et le temps presse pour l’Inde, avec un voisin septentrional aux ambitions expansionnistes et un voisin occidental travaillé par des pulsions agressives.

Le Rafale sera-t-il un jour ce que le Mirage III fut pour Israel en 1967 ? Espérons qu’aucun pays ne cherchera à envahir l’Inde !

Avec 36 Rafale (à peine 2 escadrons), l’Inde a paré au plus pressé : mais à nouveau, une ambition initiale d’équipement chiffrée à plus de 100 appareils a abouti à une l’acquisition d’une mini-flotte. Cependant, la qualité prime sur la quantité : le Rafale offre dès maintenant à l’Inde un atout régional inégalé en cas de confrontation limitée avec le grand voisin communiste. Les bruits courent qu’une commande complémentaire de 36 avions serait dans les tuyaux … à moins que cette fois-ci, Inde et France ne sautent le pas d’une coopération plus structurante : la production sous licence du Rafale, pourquoi pas ?

Alexandre et escadrilles.org

Pour les fans de l’Inde, une liste d’escadrons de chasse indiens …