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F-35A : cible réduite de moitié pour l’USAF ?

Écrit le 08/09/21, dans Actualités Internationales

Les nuages s’accumulent pour l’avion ‘magique’ de Lockheed-Martin

D’après les échos recueillis par Defense News, le vent a tourné outre-Atlantique : le F-35A n’est plus vu comme l’alpha et l’oméga de la chasse tactique de l’Air Force dans le futur. Au défi de devoir baisser le coût annuel d’utilisation du F-35A de 8 millions à 4 millions USD, s’ajoute la pénible perspective de remplacer le réacteur de l’avion (la turbine s’endommage en cas d’utilisation prolongée de la PC) : le Lightning II déçoit. Et l’attente se prolonge pour la mise en service de la version pleinement opérationnelle de l’avion, le Block 4.

Un ‘elephant-walk’ à Hill AFB en 2020 (photo RN Bradshaw//USAF).

C’est dans cette ambiance que le nouveau CEM de l’Air Force a indiqué qu’il voyait le futur parc de jets de combat de l’USAF organisé autour de 4 systèmes : le NGAD (qui remplacera le F-22), le F-15EX (qui prendra la place de la plupart des F-15 ‘vintage’), le F-35A … et … un remplaçant du F-16 qui serait un chasseur tactique low-cost (candidat favori, le F-16 block xy, renommé F-21). Révolution donc, puisque un autre dérivé de la génération précédente viendrait suppléer aux insuffisances du F-35A ; du coup la cible d’achat de ce dernier (initialement 1763 appareils pour l’USAF) baissera fortement, de moitié, voire plus.

Le P&W F135 du F-35 : un réacteur qui pousse … mais qui tousse !

Ce destin ‘à la F-104’ (en moins pire) se dessinait en filigrane pour les analystes, même amateurs, qui ont vu les déboires et les désillusions s’accumuler sur un programme prometteur (et ‘qui le restera’, pour reprendre le bon mot d’un certain général). Signe avant-coureur, la réduction d’ambition pour le programme F-35B de la RAF, la Grande-Bretagne étant pourtant le seul partenaire de rang 1 du Lightning II. Lockheed-Martin a encore de belles cartes export à jouer, notamment vers les pays de l’OTAN, dont certains ont exprimé leur souhait d’augmenter leur commande de F-35A (Pays-Bas, Belgique, Norvège). Mais le destin du F-35A s’assombrit tout de même.

Le F-35A sera pleinement opérationnel dans quelques années, mais les coûts d’utilisation de l’avion resteront très élevés.

Il restera bien quelques cocus consentants pour arrondir le carnet de commandes du Lightning II. A cet égard, le choix du F-35A par la Suisse demeurera dans l’histoire aéronautique comme l’exemple d’une exceptionnelle erreur de casting.

Alexandre et escadrilles.org