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Futur avion de chasse suisse, saison 2

Écrit le 31/01/19, dans Actualités Internationales

Les Suisses se penchent sur le futur de leur défense aérienne

Lorsque les électeurs suisses bloquèrent l’achat de 22 SAAB Gripen lors d’une votation le 18 mai 2014, ils signifièrent peut-être au gouvernement helvète qu’ils n’avaient pas bien compris la décision d’acheter l’avion suédois alors que le Rafale avait été classé premier dans la compétition pour départager les avions de chasse.

Le Gripen E, ici le premier vol du second proto, en novembre 2018. Stoppé dans son envol pour la Suisse le 18 mai 2014. Le plus léger des prétendants.

Pour la défense du gouvernement, il faut bien préciser qu’à l’époque, il s’agissait de choisir un successeur aux Northrop F-5E, les chasseurs légers de la Troupe d’Aviation Suisse. Le choix du Gripen était quelque part logique, puisque l’avion était le plus léger des trois finalistes.

Un F-18D du Staffel 11, vu à Cambrai en 2011

C’est la première grosse différence avec l’actuel appel d’offres qui vise à remplacer la totalité des avions de chasse helvètes, en particulier les F-18C/D, par 30 à 40 nouveaux chasseurs.

Cette fois c’est la totalité de la flotte d’avions de chasse qu’il faut remplacer. Ici un F-18C du Staffel 11.

Une autre différence est que cette fois Lockheed-Martin présente son dernier-né au concours, le F-35A figurant parmi les cinq propositions retenues. Les autres prétendants sont le Gripen E, le F-18E/F, le Typhoon d’Airbus et le Rafale de Dassault.

Le F-35A, ici aux couleurs de la Royal Norvegian AF. Le plus ‘striker’ des prétendants.

La soumission des offres le 25 janvier a marqué le début de la phase d’analyse et d’essais. De février à mars 2019, les spécialistes d’Armasuisse et des Forces aériennes procéderont aux essais des avions dans les simulateurs, tandis que des audits auront lieu sur l’exploitation et la maintenance des avions ainsi que sur le déroulement de la formation. Parallèlement, entre avril et juillet 2019, les cinq avions de combat seront testés en vol et au sol, à Payerne.

Eurofighter retravaillé pour être multi-role. Le plus rapide des prétendants.

A l’issue de cette phase, les autorités suisses détermineront la taille des flottes nécessaires pour répondre au besoin exprimé, pour chaque avion, et un second appel d’offres sera transmis aux industriels. La comparaison des offres définitives déterminera le meilleur avion de chasse de la Suisse pour les 30 prochaines années, avec un choix officiel à la fin de 2020.

FA-18F de la VF-41, ici en opération au Moyen-Orient. Le plus lourd des prétendants.

Mais auparavant, un scrutin référendaire est d’ores et déjà prévu au printemps 2020, à l’initiative du gouvernement. C’est dire si le choix (ou le non choix) du prochain avion se fera sur des considérations politiques et financières: la vision qu’ont les Suisses de leur position en Europe et dans le monde (neutralité stricte ?) ainsi que les retombées industrielles du nouveau programme seront des déterminants principaux de cette sélection.

Rafale (ici un B de St-Dizier), proposé dans sa version F4. Le plus multi-role des prétendants.

Pour autant, les trois axes opérationnels de l’appel d’offres serviront à éliminer un ou deux concurrents. Il s’agit (1) d’assurer le service journalier de police aérienne, (2) de maintenir une présence aérienne permanente d’au moins quatre avions pendant au moins quatre semaines en période de tensions accrues et (3), d’appuyer les forces terrestres en cas de conflit.

Quatre avions en vol pendant 4 semaines : le véritable stress-test pour le remplaçant des F-18. L’axe maintenance-disponibilité à l’épreuve.

Si le premier item ne départagera pas grand monde et le troisième est le dernier sur la liste, la deuxième demande opérationnelle risque de faire le ménage parmi les prétendants: maintenir quatre avions en l’air, jour et nuit pendant quatre semaines d’affilée, est un véritable stress-test quand on ne dispose que d’une flotte réduite !

Un atout important pour une flotte réduite : la version biplace du Rafale est TOTALEMENT opérationnelle dans toutes les missions.

La compétition est très ouverte, trois des concurrents semblant avoir de grandes chances de l’emporter. Le team ‘France’ a des atouts réels, d’autant qu’après le camouflet de 2013, l’Armée de l’Air avait maintenu le cap concernant la commande de 17 PC-21, avion préféré des aviateurs français pour la phase 3 de la formation des pilotes de chasse.

Transition directe du PC-21 au Rafale … une option prometteuse … et qui le restera ?

Mais il n’est pas acquis que les mêmes aviateurs voient dans le PC-21 le digne successeur de l’Alphajet sur la base de Cazaux. Vers un appel d’offres pour ce programme français, peut-être … ?

Alexandre et escadrilles.org