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Soucis de dispo, les USA aussi

Écrit le 11/10/18, dans Actualités Internationales

L’USAF affiche une disponibilité globale de 71%

C’est bon de ce côté-ci de l’Atlantique mais c’est mauvais de l’autre, le Secrétaire à la Défense Jim Mattis donne l’ordre que d’ici un an la disponibilité globale des flottes aériennes de l’Air Force et de la Navy soit égale à 80%.

La dispo des principaux aéronefs de l’USAF (via https://www.defensenews.com)

Le taux de 71% actuel (année fiscale 2017) ferait rêver l’Armée de l’Air, la Marine, et l’ALAT,*, mais il ne satisfait pas le Pentagone, d’autant que les quatre plus mauvais scores touchent la pointe du glaive états-unien: le F-22A (49%), le B-1 (53%), le B-2 (54%) et le F-35A (55%). Des systèmes de dernière génération, donc.

Le Raptor, en opex depuis 2014: l’avion le plus coûteux (au kg) est aussi le moins fiable.

Les aéronefs qui se trouvent du bon côté de la ligne rouge tracée par Jim Mattis sont au nombre de six: les drones MQ-1B et MQ-9A (91% et 90% de dispo), le C-17A et le Bell UH-1N (84%, les deux), les Hercules spéciaux MC-130J et AC-130U (84 et 83%).

Peu coûteux et fiable, les caractéristiques du légendaire UH-1 de chez Bell

Une année pour augmenter de 9% la disponibilité d’une flotte de 5349 aéronefs: les logisticiens ont du pain sur la planche, et les industriels vont devoir fabriquer du composant … mais le contribuable sera au rendez-vous grâce à une augmentation substantielle du budget de la Défense américain.

Le C-17, un des champions de la fiabilité côté USAF

Au-delà de cette foule de chiffres, une remarque générale: les systèmes ultra-sophistiqués les plus modernes ont une fiabilité bien moindre que les aéronefs plus âgés. Côté hexagonal, cette remarque est également valide, et elle est inquiétante pour l’avenir, car comme a dit notre ministre, Madame Parly: ‘c’est comme si pour rouler avec une voiture, je devais en avoir trois au garage‘.

Un des deux F-35 en visite en Estonie le 25 avril

Enfin, l’inévitable couplet sur l’oiseau chéri des USA, le F-35: que le pays concepteur de ce JSF révolutionnaire ne parvienne pas à obtenir une dispo de plus de 55%, voilà qui devrait donner quelques migraines aux autres utilisateurs du dernier-né de Lockheed Martin.

PS : d’ailleurs, dans un système capitaliste financier, on se demande si livrer un produit qui ne vole pas bien, donc qui nécessite beaucoup d’entretien, ne fait pas monter la cote en Bourse des actions des industriels … un peu comme quand le licenciement massif d’un millier d’employés provoque immédiatement une envolée du cours de l’action de la société concernée.

Alexandre et escadrilles.org

(*) Pour peu que la disponibilité technique soit calculée de manière similaire de part et d’autre de l’Atlantique …