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Centenaire de la SPA 92

Écrit le 14/01/18, dans La vie du Site

Le ‘Lion de Belfort’, de ceux qui sont partis trop tôt

L’escadrille 92 fut créée sur Nieuport le 10 mai 1917 à Chaux (90) et d’abord affectée à la 7ème armée. Son premier insigne était une croix de Lorraine. Avant la fin d’année 1917, la N 92 adopta le Lion de Belfort comme insigne officiel, reprenant la sculpture qui célèbre la résistance de cette ville au siège des Allemands pendant la guerre de 1870-71.

Un lion de la SPA 92 inspiré de la sculpture d’Auguste Bartholdi

L’escadrille changea de dénomination pour devenir SPA 92 le 14 mai 1918, combattant avec le groupe de chasse n°22.  Elle termina la Grande Guerre avec 12 victoires homologuées (dont 3 Drachen), et 11 non homologuées, au prix de 6 pilotes tués au combat, et trois blessés.

Un Nieuport 24 bis portant la croix de Lorraine (trilobée, rouge), premier insigne de l’escadrille 92

Dissoute le 27 mai 1919 à Pau, la SPA 92 ne fut pas réactivée dans l’entre-deux-guerres et ne prit donc pas part aux  combats de 1939-1945. Son absence des groupes de chasse de l’Armée de l’Air de 1940 explique que la SPA 92 ne réapparut pas non plus dans les escadrons après guerre.

2000N du 1/4 portant le ‘Lion de Belfort’ et une maquette d’ASMP (2006)

Ce n’est que le 3 septembre 1991 que le Lion de Belfort trouva sa place sur les dérives d’avions de l’Armée de l’Air. A cette époque en effet, il fut décidé de doter les formations de combat d’une troisième escadrille: la SPA 92 fut logiquement attribuée à l’escadron de chasse 1/4 Dauphiné.

Même jour, même avion; il n’est pas rare qu’un avion du 1/4 porte la même insigne sur ses deux côtés

Le même jour, le Dauphiné et toute la 4ème escadre de chasse deviennent des unités de bombardement sous commandement des FAS.

Vu en 1997, le 370 ‘4-AT’ dans une configuration très légère

Les 2000N du 1/4 volèrent alors avec le charognard de la SPA 37 (1ère escadrille), le lévrier de la SPA 81 (dit ‘clébard’, 2ème escadrille), et le lion de la SPA 92 (3ème escadrille).

Lion de la SPA 92 vu en 2003, avec des grosses c……s plus adaptées à sa mission

Le Dauphiné traversa ainsi le chamboulement de la fin des escadres (1er septembre 1993 pour la 4) et vola avec ses trois escadrilles jusqu’au 29 juin 2010: ce jour-là en effet, la SPA 92 avait rendez-vous avec le destin funeste des troisièmes escadrilles.

Juin 2005: le 355 porte encore sa décoration spéciale des 40 ans des FAS

Réveillé par le plan ‘Armées 2000’, le Lion de Belfort fut renvoyé à son sommeil au terme du plan ‘Armées 2010++’. C’est ainsi, les escadrilles vont et viennent en fonction des plans, de même que les escadrons et les escadres.(*)

Vu le 29 juin 2010, jour de la dissolution du Dauphiné, le 339 ‘4-AD’

Tandis que les SPA 37 et SPA 81 étaient bientôt appelées par les escadrons Gascogne (25 juin 2012) et La Fayette (1er septembre 2011), la SPA 92 disparut bel et bien des dérives et des organigrammes après 19 années de vol … nous laissant cependant le souvenir d’un lion magnifique.

Tout dernier virage pour la SPA 92 sur 2000N, un 29 juin 2010

Actuellement, le roi des animaux n’est plus présent du tout sur les dérives de l’Armée de l’Air, puisque celui de la 4C1 du 1/8 Saintonge n’apparaît plus depuis belle lurette sur les Alphajet … On se demande pourquoi d’ailleurs … (sûrement un autre ‘plan’ 🙂 )

Pour revoir ce beau lion … rendez-vous à la citadelle de Belfort !

Alexandre et escadrilles.org

(*) On appelle cela la doctrine du ‘bougisme’ ou encore le ‘syndrome de la réformite’, très répandu depuis 20 ans dans tous les ministères.

Merci aux photographes Emile, Michel et Vincent, ainsi bien sûr qu’à Jean-François Lipka.

Le site albindenis.free.fr a été ma référence … je lui dois aussi la fort belle vue du Nieuport de 1917 ‘à la croix de Lorraine’, dont le propriétaire est Jean-Jacques Leclerq, merci.