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Des SEM pour l’Argentine ?

Écrit le 13/10/17, dans Actualités Internationales

SEM presque argentins : partiront … partiront pas ?

L’annonce de la vente à l’Argentine de cinq Super Etendard modernisés standard 5, et d’un lot de rechanges associés, vient à point pour attirer notre attention sur l’aviation de chasse de ce grand pays du cône sud de l’Amérique latine.

La vente de cinq SEM d’occasion a été annoncée, puis suspendue

Les cinq SEM permettront à l’Armada de disposer à nouveau de chasseurs bombardiers, puisque, selon les infos disponibles, les Super Etendard originaux étaient cloués au sol faute de pièces détachées.

Le sixième Super Etendard argentin, ici en essais en 1981

Il y a peu de chance pour que l’Argentine tente d’amener des SUE de première génération (il en reste 11 sur 14) au standard 5, tant la quantité de travail est importante pour passer à ce nouveau standard. Et il n’est pas évident que le lot qui accompagne les cinq SEM comprenne des radars Anemone, pour ne prendre qu’un exemple.

Super Etendard 209, du temps où les chasseurs sortaient de l’usine de Mérignac comme des petits pains

Le fait que les Britanniques donnent leur assentiment à cette vente, car n’en doutons pas ils sont consultés, entente cordiale oblige, suggère que les Argentins n’auront pas d’Exocet AM-39 block2 dans leur paquet cadeau.

Le 3-A-212, accidenté et détruit le 11 décembre 1989

Outre Manche, le souvenir des attaques du duo Super Etendard/Exocet est encore cuisant, 35 ans après la guerre des Malouines. ‘Never again’ pensent les Anglais. Et les Argentins revendiquent toujours ce territoire.

Exocet-Super Etendard : un duo honni outre-Manche

Les SEM arrivent aussi à point nommé car, après le retrait des Mirage III et V Nesher/Finger (ces derniers fabriqués sans licence officielle par Israel) en novembre 2015, la Fuerza Aerea Argentina va bientôt se trouver sans aviation de chasse.

Un Finger du Grupo de Caza 6 de Tandil (un Mirage V fabriqué en Israel)

En effet, les Douglas/Lockheed-Martin A-4AR qui équipent la Brigada Aerea V de Villa Reynolds vont certainement être mis à la retraite en 2018, faute également de pièces de rechange.

A-4AR, un Douglas A-4M customisé par Lockheed-Martin

Ces avions n’ont rien à voir avec les A-4C qui équipaient la Brigada Aerea IV de Mendoza du temps de la guerre des ‘Malvinas’: ils sont le fruit du mariage de cellules d’A-4M de l’USMC avec un système d’armes de F-16 (radar APG-66, …).

Douglas A-4C de la Brigada Aerea IV, en 1983

Sans A-4AR Fighterhawk, la FAA sera donc sans épée, les IA-63 Pampa (des mini Alphajet monoréacteurs) ne pouvant pas décemment pratiquer l’interception, ou alors sur des intrus poussifs.

Un IA-63 Pampa du 1e Escuadron de la Brigada Aerea IV de Mendoza, en 1992

Une solution inconfortable pour une force aérienne, d’autant que le grand voisin de l’ouest dispose lui d’une aviation de chasse bien dimensionnée: le Chili en effet met en oeuvre 3 escadrons de F-16, avec un mix de F-16AM ex-hollandais (Grupo 7 et 8, base d’Antofagasta) et de F-16C/D block52 (Grupo 3, Iquique). Sans compter l’escadron de F-5E à Punta Arenas (Grupo Aereo 12).

Sans ses Mirage, la FAA se trouve un peu déplumée en matière de défense aérienne

Même si le différend des deux pays sur les îles du canal de Beagle a été réglé par un traité d’amitié, une poussée d’adrénaline australe trouverait l’Argentine bien dépourvue pour défendre sa supériorité aérienne.

Les A-4AR sont donnés pour partant en 2018 … sauf si …

Qu’en est-il de la vente des Mirage F-1E(M) espagnols à l’Argentine, un moment envisagée ? Ordre, contre-ordre … Maintenant que la France a liquidé ses Mirage F-1 volables, au prix de la ferraille, mettrait-elle les bâtons dans les roues de nos amis Espagnols ?

Remise de gaz du 14-30

Les F-1E(M) espagnols font envie aux Argentins, d’autant qu’ils ont peu connu les opex usantes

Ou bien, y-a-il quelque réticence outre-Manche à voir des F-1 très supersoniques et polyvalents (les F-1E(M) le sont) évoluer à 200 nautiques des Falkland ? Sans doute ces avions sont-ils soumis à une licence de ré-exportation qu’il faut obtenir en France …

Deux F-1M de l'Ala 14 en 2008 à Landi

Deux F-1M de l’Ala 14 en 2008 à Landi, Ocean Tiger Meet

Peut-être les Argentins s’orientent-ils vers un chasseur neuf, russe, coréen, ou chinois, afin de ne pas être embêtés dans quelques années avec des pièces de rechange introuvables.

Vente des SEM: nous sommes maintenant dans le feuilleton politico-industriel à rebondissements …

En attendant cet autre dénouement, l’arrivée probable des SEM à la 2e Escuadrilla Naval de Caza y Attaque de Bahia Blanca donnera(it) un peu de répit à la chasse argentine … du côté des marins !

Alexandre et escadrilles.org