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Très cordiale entente

Écrit le 24/10/12, dans Actualités Internationales

L’aviation de Sa Très Gracieuse Majesté très présente en France

Serait-ce une erreur de perception, ou le résultat des accords de Lancaster House combiné au retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN et au succès des opérations aériennes de 2011 en Libye ? Il semble que les avions britanniques (et les bateaux, voir l’exercice Corsican Lion qui se tient en ce moment) soient vus de plus en plus souvent aux côtés de leurs homologues français. Est-on en train d’assister à la mise en place lente d’un pivot de la défense européenne, à l’affirmation d’une coopération bilatérale qui va durer, ou bien simplement à un épiphénomène dans les relations entre deux pays ?

Tornado 2012 092

Les Tornado de la RAF sont passés par la Lorraine, cette semaine

Les exercices conjoints des forces aériennes sont toujours un excellent moyen d’évaluer la force des liens bilatéraux. De toute évidence alors, les relations entre les deux nations sont au beau fixe. S’il advenait en plus que des opportunités plus fréquentes soient créées avec d’autres pays comme la très aéronautique Belgique, ou les très atlantistes Pays-Bas, on pourrait alors conclure que des tendances lourdes sont à l’oeuvre et que l’Europe s’organise pour pallier le retrait progressif des Américains de nos cieux. Que dire alors du peu de visibilité de la Luftwaffe dans ce genre d’événements ? Est-ce que les autres poids lourds d’Europe de l’Ouest, comme l’Italie et l’Espagne, sont dans la boucle ? Peut-être bien que l’entente franco-britannique s’appuie sur une vision géostratégique commune, qui n’est pas partagée par d’autres pays.

Typhoon 2012 ZK302

Sur la BA-102, les Typhoon du 6 Sqn étaient plus que bienvenus

En mettant côte à côte les coupes claires qui ont touché les forces aériennes en Grande-Bretagne et en France, on s’aperçoit qu’il y a un peu de cohérence globale dans des choix dictés par des raisons budgétaires de part et d’autre de la Manche: disparition de la PatMar d’un côté, retard dans le remplacement des ravitailleurs de l’autre, force relative du transport stratégique ici, maintien d’un pôle aéronaval puissant là, (etc). Si l’aviation de combat est maintenant articulée autour de deux systèmes majeurs dans chaque pays, les déflations de parc sont brutales en Grande-Bretagne et progressives en France.

F35B RAF BK-1

Le premier F-35B anglais, lors du vol inaugural en juillet dernier

On a pu constater des gros ratés (il y en aura encore), comme le choix du F-35B et d’un porte-avions sans catapulte outre Manche, alors qu’un PA classique ouvrait la voie à une composante aéronavale en partie mutualisée. Mais cette option regrettable est plus expliquée par l’engagement d’un industriel dans ce très lourd programme américain: le retrait des Britanniques de cette aventure aurait eu des conséquences économiques néfastes au R-U. Ce choix résulte d’ailleurs de choix politiques faits très en amont, et non la réalité politico-diplomatique de 2012. Du reste, s’il s’avérait que ce programme accouche d’un avion véritablement opérationnel (avec des coûts de maintenance à la portée du contribuable européen), cela renforcerait plutôt la complémentarité des aviations des deux pays.

Copyright: Alexandre et escadrilles.org.

Remerciements: à trois aimables et talentueux photographes qui se reconnaitront.