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Deux triades face à face ?

Écrit le 01/03/17, dans Actualités Internationales

Les bombardiers lourds d’aujourd’hui

Alors que des journalistes en mal de sensationnel parlent à tout bout de champ de nouvelle Guerre Froide, les flottes de bombardiers lourds des Etats-Unis et de Russie ne sont plus que des réminiscences de ce qu’elles étaient il y a 40 ans. Cependant, on peut remarquer que les deux grands maintiennent tous deux une triade de bombardiers opérationnels, contrairement à la Grande-Bretagne, qui depuis longtemps mise sur le ‘striker’ léger (à l’instar de la France).

A Russian TU-160 Blackjack aircraft is escorted by a Tornado F3. On 10th March 2010, two RAF Tornado F3 fighter aircraft of 111(Fighter) Squadron were scrambled from RAF Leuchars (Fife) in the early hours of the morning to intercept two Russian TU-160 Blackjack aircraft, which were approx 100nm to the west of Stornaway on the North-West coast of Scotland. The Tornadoes shadowed the Russian aircraft as they progressed south before the Blackjacks turned north, short of the Northern Irish coast, exiting UK airspace. RAF Leuchars fighters have successfully scrambled to intercept Russian aircraft on more than 20 occasions since the start of 2009. The Tornado F3 is planned to go out of RAF Service in 2011; RAF Leuchars will become the RAFÕs second Typhoon fighter base later this year.

Un Tu-160 est escorté par un Tornado F3 du 111th Sqn, le 10 mars 2010 (Crown copyright)

Chacune des grandes puissances s’appuie sur une petite flotte de bombardiers lourds super-performants, le Tupolev 160 Blackjack (masse max 275 tonnes au décollage) pour les Russes et le Northrop B-2 Spirit pour les Etats-Unis (seulement 170 tonnes max au décollage). Les 15 Blackjack assoient leur faible vulnérabilité sur la vitesse de pointe, tandis que les 20 Spirit sont des avions furtifs.

A U.S. Air Force B-2 Spirit "Stealth" bomber, 393rd Expeditionary Bomb Squadron, 509th Bomb Wing, Whiteman Air Force Base, Mo., flies over the Pacific Ocean after a recent aerial refueling mission, May 2, 2005. The Bombers are deployed to Anderson Air Force Base, Guam, as part of a rotation that has provided the U.S. Pacific Command a continous bomber presence in the Asian Pacific region since February 2004, enhancing regional security and the U.S. commitment to the Western Pacific. (U.S. Air Force photo by Tech Sgt. Cecilio Ricardo) (Released)

Un B-2 du 393rd Expeditionary Bomber Squadron de Whiteman, déployé à Guam et vu le 2 mai 2005 (U.S. Air Force// Tech Sgt. Cecilio Ricardo).

A côté de ces petites flottes au coût exorbitant, les deux grandes nations déploient une flotte importante (mais limitée par le traité New Start) de bombardiers très lourds et très vulnérables, d’un côté les Tupolev 95MS de 188 tonnes au décollage, environ 63 Bear H en service, et de l’autre les vénérables B-52H (220 tonnes maxi au décollage), 76 inventoriés.

A Russian Tu-95 Bear 'H' photographed from a RAF Typhoon Quick Reaction Alert aircraft (QRA) with 6 Squadron from RAF Leuchars in Scotland. RAF Typhoon Quick Reaction Alert aircraft were launched from RAF Leuchars to determine the identity of unknown aircraft that approached the NATO Air Policing Area north of Scotland and could not be identified by other means. The aircraft were subsequently identified as Russian military reconnaissance (Bears). The Russian Bears aircraft remained in international airspace as they are perfectly entitled to do.

Un Tu-95 Bear ‘H’ photographié par un Typhoon du 6 Squadron de RAF Leuchars (Crown copyright).

Ces deux bombardiers sont des porte-missiles de croisière, qui sont aussi employés avec des bombes en missions de guerre conventionnelle, à haute altitude et une fois la suprématie aérienne acquise. Leur utilité dans le cadre strict de la dissuasion nucléaire semble douteuse, en raison de leur vulnérabilité.

Enfin, et c’est sur ce point que les flottes russes et états-uniennes diffèrent, la troisième composante aérienne du bombardement est constituée d’un côté par une flotte abondante de Tupolev 22M3, environ 160 avions opérationnels dont la capacité de ravitaillement en vol a été supprimée, et de l’autre par les Rockwell B-1B, bombardiers lourds (216 tonnes au décollage) et légèrement supersoniques. Les Bone‘s ont vu leur capacité nucléaire désarmée dans les années 90.

ANDERSEN AIR FORCE BASE, GUAM -- A B-1B Lancer soars over the Pacific Ocean after air refueling training here Sept. 30. The B1B Bomber is deployed to Andersen Air Force Base, Guam, as part of the Pacific Commands continuous bomber presence in the Asia-Pacific region, enhancing regional security and the U.S. commitment to the Western Pacific. The B1 is from the 37th Bomb Squadron, Ellsworth Air Force Base, South Dakota. (U.S. Air Force Photo by Staff Sgt. Bennie J. Davis III)

Un B-1B de Carswell vu en 2006 lors d’un déploiement à Andersen AFB (U.S. Air Force // Staff Sgt. Bennie J. Davis III).

A l’heure actuelle, tous ces bombardiers sont utilisés à volonté dans le conflit contre les armées et groupes terroristes islamistes. Leur long rayon d’action et leur capacité d’emport leur permettent d’agir par surprise depuis leurs bases d’attache, ou bien d’effectuer des missions prolongées de CAS (dans le cas U.S.). Russes et Américains, plutôt que d’être face à face, sont plutôt côte à côte.

Belle image de notre '59 bleu' et du Tu-160 '94100'

Le 9 février dernier: un 2000-5F et un Tu-160 au dessus du golfe de Gascogne.

Ce qui ne les empêche de venir tester de temps à autre les défenses aériennes de l’adversaire traditionnel … histoire de garder la main. Des vols sans effraction qui sont d’ailleurs utiles autant pour les défenseurs que pour les ‘agresseurs’ !

Alexandre et escadrilles.org